9ème Forum mondial de l’eau de Dakar : Les grands enjeux pour l’Afrique et le monde

Hier lundi s’est ouvert au complexe Dakar Arena de Diamniadio, le 9ème Forum mondial de l’eau sous le thème « Sécurité de l’eau pour la paix et le développement ». Pour ce forum qui se tient pour la 2e fois en terre africaine et pour la 1ère fois en Afrique subsaharienne, plusieurs enjeux sont au cœur de ce rendez-vous triennal qui a été reporté d’un an à cause de la pandémie de coronavirus.

L’un des enjeux reste et demeure, le non accès à l’eau potable. Selon le Rapport des Nations Unies sur l’eau de mars 2021, 2 personnes sur 5 dans le monde vivent encore dans des régions où l’eau est rare et 2,1 milliards de personnes sont contraintes de consommer de l’eau polluée. Seulement, un Africain sur quatre a accès à une source sûre d’eau potable. Ainsi, c’est en Afrique que se trouvent la moitié des personnes qui boivent une eau provenant de sources non protégées et seulement 24% de la population d’Afrique Sub-saharienne a accès à une source sûre d’eau. Ce sont essentiellement les femmes et les filles qui supportent l’essentiel de la charge liée à la collecte de l’eau, à laquelle elles consacrent plus de 30 minutes par jour au détriment de leur éducation. Mais si des efforts sont faits en matière d’amélioration de l’accès à l’eau potable ces dernières années, ce n’est pas le cas dans l’assainissement. A moins de dix ans de l’échéance de 2030 pour les ODD, 673 millions de personnes pratiquent la défécation à l’air libre. (Rapport du Joint Monitoring Program 2020, OMS/UNICEF. Pour beaucoup d’acteurs du secteur, l’assainissement reste le parent pauvre ou le ventre mou des politiques publiques dans les pays africains. C’est pourquoi, pour la 1ère fois de l’histoire des Forums mondiaux de l’eau, un village de l’assainissement a été érigé à ce 9e forum pour renforcer le plaidoyer pour sa priorisation.

Comme enjeu du forum, il faut aussi retenir la gouvernance des bassins transfrontaliers qui couvrent   environ 64% de la superficie de l’Afrique. Parce que « nul n’est propriétaire de l’eau », selon le président du Conseil mondial de l’eau, Loïc Fauchon, il faut promouvoir une « hydro-diplomatie » pour éviter des tensions et des conflits. Enfin, comme enjeu, il faut d’après le président du Sénégal, Macky Sall, faire de l’économie circulaire d’assainissement une réalité à travers, le traitement et le recyclage des eaux usées. Parce que, 80% des eaux usées sont rejetées dans la nature sans traitement, mettant en péril la santé et la vie de 4,5 milliards d’individus.

Originaire du Bénin en Afrique de l’ouest, Alain TOSSOUNON est journaliste depuis plus d’une quinzaine d’années. Rédacteur en Chef puis Directeur de rédaction de l’hebdomadaire spécialisé dans la décentralisation et la gouvernance locale « Le Municipal », il a suivi et validé plusieurs certificats en gestion des ressources naturelles (Université Senghor d’Alexandrie) et en eau avant de passer grand reporter sur les thématiques de l’eau, l’hygiène et l’assainissement de base et l’environnement.
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