Accélérer l'accès aux ouvrages d'eau et d'assainissement en Afrique

Fin de la Semaine africaine de l’eau et de l’assainissement : Les grandes résolutions multipartites de Windhoek

Ouverte le 26 novembre 2021, la conférence de la Semaine africaine de l’eau et de l’assainissement organisée virtuellement par le Conseil des Ministres Africains chargés de l’Eau (AMCOW) et la Commission de l’Union Africaine (CUA), avec le gouvernement de la République de Namibie comme hôte avec plus de 3000 participants, a pris fin par des résolutions multipartites de Windhoek. Dans cette déclaration, les participants ont lancé un appel aux gouvernements à accélérer la sécurité de l’eau et l’accès à un assainissement et à une hygiène gérés en toute sécurité en Afrique.

Accélérer l’accès des populations aux ouvrages d’eau et d’assainissement en Afrique

A l’ouverture de cette conférence, le président de AMCOW et ministre de l’agriculture, de l’eau et de la réforme foncière de la Namibie, Carl Hermann G. Schilttwein, avait soutenu le caractère central de l’eau dans la survie et la durabilité de toutes les formes de vie sur la planète. Rappelant qu’à la COP 26 de Glasgow, l’importance de lier les agendas de l’eau et du climat a été largement soulignée, il a indiqué qu’« il est important d’investir dans des systèmes intégrés de gestion de l’eau au niveau national, régional et continental, y compris l’investissement dans les données et l’information des systèmes de gestion pour soutenir la gestion des ressources fondée sur des preuves et la disponibilité des informations ».

Sur la problématique de l’’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement, il a martelé la nécessité de répondre à l’insuffisance d’infrastructures qui perpétue des conditions de vie indignes et malsaines dans de nombreux régions de l’Afrique frappées par la pauvreté.

En effet, 63 % de la population urbaine en Afrique est toujours confrontée à des problèmes d’accès à l’eau, environ 340 millions de personnes en Afrique n’ont pas accès à l’eau potable et environ 550 millions de personnes en Afrique n’ont pas accès à un assainissement de base. Pour atteindre les objectifs de l’Agenda pour l’Afrique 2063, il prône entre autres, le renouvellement de l’engagement à atteindre les objectifs de l’eau et de l’assainissement en Afrique, l’identification de nouvelles approches pour une action accélérée afin de fournir des avantages tangibles aux populations, la mobilisation des partenariats pour consolider les acquis et relever les défis.

Avant lui, le Secrétaire Exécutif de AMCOW, Dr. Rashid Mbaziira, avait signalé que le manque ou l’insuffisance des infrastructures hydrauliques représente jusqu’à 2% de la perte de croissance annuelle du PIB de l’Afrique. Une situation préoccupante à laquelle, il faut répondre très rapidement. Pour lui, il faut amener tous les États membres sur la bonne voie pour atteindre l’ODD 6 en tant que précurseur de la réalisation des aspirations de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine.

De grandes résolutions dans plusieurs domaines :

 Au terme de la semaine, plusieurs résolutions ont été prises dans plusieurs domaines : gouvernance de l’eau, financement, services d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène, eau pour la croissance et le développement économique, qualité de l’eau, changement climatique.

En matière de gouvernance, la déclaration appelle au renforcement des environnements politiques, juridiques, institutionnels et réglementaires afin de prendre en compte le contexte de chaque pays, assurer la cohérence intra et intersectorielle. Elle invite également à la prise en compte des principes d’inclusion sociale universelle et d’équité avec une attention soutenue aux femmes et aux jeunes en tant qu’agents de la planification et de la mise en œuvre de l’agenda de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène en Afrique.

Sur la question du financement, la déclaration appelle les gouvernements et le secteur privé à « augmenter considérablement les investissements dans des services et des infrastructures d’eau et d’assainissement résilients au climat ». Elle recommande aux gouvernements, de renouveler leur engagement envers d’allouer au moins 5 % des budgets à l’eau et à l’assainissement.

Invitant les gouvernements à intensifier leurs efforts en matière de services d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène, les participants à la semaine africaine de l’eau, appellent les gouvernements à saisir l’opportunité d’une prise de conscience accrue pour garantir la disponibilité de l’eau et l’amélioration de la fourniture de services d’assainissement et d’hygiène. « Il est impératif que les capacités de préparation et d’intervention en cas de pandémie soient renforcées et que le profil de l’assainissement et de l’hygiène soit rehaussé », soutient la déclaration. Également, elle invite les gouvernements et les parties prenantes à « relever les défis rencontrés dans l’accès à des données fiables et complètes dans les domaines de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène ».

Concernant l’eau pour la croissance et le développement économique, il est attendu des gouvernements et des partenaires, que des efforts soient faits pour accorder plus de priorité à la gestion de l’eau et à la fourniture de services d’assainissement en tant que leviers essentiels pour la réduction de la pauvreté et le développement inclusif. En outre, elle appelle à la priorisation de la gestion des ressources en eaux souterraines en tant qu’élément clé du développement, de l’utilisation et de la gestion des ressources en eau.

Par ailleurs, les ministres qui ont pris part à ce rendez-vous africain, ont décidé de mobiliser les réseaux, les acteurs et les institutions des eaux souterraines en faveur d’une approche commune, harmonisée et fondée sur des preuves de l’utilisation et de la gestion durables des eaux souterraines.

Enfin, la déclaration appelle à la priorisation des investissements pour le suivi, l’évaluation, les connaissances, la gestion de l’information et l’apprentissage afin de consolider la prise de décision fondée sur des preuves à tous les niveaux. Elle encourage en outre les gouvernements africains à favoriser la recherche et l’application des connaissances et des innovations pour éclairer les interventions sectorielles visant à améliorer la gestion de l’eau et la fourniture de services d’assainissement.

En clôturant les travaux de cette semaine riche en échanges et partage de solutions pour mieux faire aux défis de l’accès à l’eau et à l’assainissement, le Ministre délégué en charge de l’eau du Ghana, Hon Chinnia, n’a pas caché toute sa satisfaction face aux résolutions prises. Il a pris l’engagement de présenter la déclaration de Windhoek aux chefs d’Etat au 9e Forum mondial de l’eau qui se tiendra à Dakar en mars 2022.

Originaire du Bénin en Afrique de l’ouest, Alain TOSSOUNON est journaliste depuis plus d’une quinzaine d’années. Rédacteur en Chef puis Directeur de rédaction de l’hebdomadaire spécialisé dans la décentralisation et la gouvernance locale « Le Municipal », il a suivi et validé plusieurs certificats en gestion des ressources naturelles (Université Senghor d’Alexandrie) et en eau avant de passer grand reporter sur les thématiques de l’eau, l’hygiène et l’assainissement de base et l’environnement.
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