Abidjan : Carrefour de Dialogues, collaborations et plateformes pour «Les Voix EssentiELLES » 

La ville d’Abidjan en Côte d’Ivoire a été le 22 février 2024 dernier, le carrefour de dialogues enrichissants sur la lutte contre les violences basées sur le genre et pour l’atteinte de l’égalité Femme-Homme. Organisé dans le cadre de l’initiative « Voix EssentiELLES » mise en œuvre par Speak Up Africa et co-financée par le Fonds mondial et la Fondation CHANEL, ce rendez-vous d’échanges aura permis de sonner la mobilisation contre les violences faites aux femmes et de lancer un vibrant appel à l’avènement de politiques de santé inclusives et équitables.

Lorsque les femmes et les filles sont habilitées et soutenues pour jouer un rôle dans le processus de prise de décision, des politiques et des programmes de santé véritablement efficaces qui tiennent compte des différences entre les sexes et des sensibilités culturelles peuvent être élaborés et mis en œuvre, en s’appuyant sur l’expérience vécue des femmes et des filles. C’est ce qui sous-tend la mise en œuvre de cette initiative démarrée en 2021 qui vise à renforcer les organisations dirigées par des femmes et des filles, en les engageant de manière significative dans les processus et espaces décisionnels qui influencent les politiques et programmes de santé.

Dans un communiqué rendu public, Speak Up Africa a indiqué que l’événement a été un grand moment d’échanges et de discussions intenses avec des panels entre le Dr. Danielle Adjafi, Présidente du CCM (Country Coordination Mechanism en anglais) de Côte d’Ivoire, Yacine Djibo, Directrice Exécutive de Speak Up Africa, Ghislain Coulibaly, Sociologue et Président du Réseau des Hommes Engagés pour l’Égalité Femmes-Hommes en Côte d’Ivoire, Nene Fofana, Fondatrice du Groupe de Conseil Africa Forward, Aïssata Sidibé, Fondatrice et PDG d’Afrique Femme, Amanda Savadogo, Secrétaire générale de l’Association d’Appui aux Enfants et Femmes Vulnérables, Sylvie Diack, Coordonnatrice du Club des jeunes filles de Kolda et Aicha Ouédraogo de l’Association Tends-moi la main. Un parterre d’invités et de personnes ressources très engagés qui ont abordé plusieurs thématiques à savoir : Les partenariats public-privé, la collaboration multisectorielle, l’estime de soi, les violences basées sur le genre, l’intersection entre le genre et la santé publique et la masculinité positive. « Nous savons que si nous voulons mettre un terme aux maladies et fléaux qui affectent nos communautés et nos économies, il est essentiel que les politiques visant à lutter contre les problèmes de santé prennent en compte efficacement la problématique genre en y intégrant l’expérience, et le vécu des femmes et des filles. » a martelé le Professeur Mamadou Samba, Directeur Général de la Santé de Côte d’Ivoire en lors de son discours inaugural. Car, malheureusement, la violence contre les femmes et les filles constitue aujourd’hui l’un des défis les plus répandus en matière de droits humains dans le monde. Une femme sur trois est victime d’une forme de violence physique ou sexuelle au cours de sa vie. La violence contre les femmes et les filles est enracinée dans l’inégalité du genre, la discrimination et les normes culturelles et sociales néfastes qui mettent l’accent sur la supériorité des hommes sur les femmes, normalisent la violence à l’égard des femmes et permettent aux auteurs d’agir en toute impunité.

En rappelant les enjeux et les objectifs de l’initiative « Voix EssentiELLES au cours du premier panel qui a porté sur « Leadership, représentation et collaboration : Le pouvoir de la connectivité pour accélérer l’égalité des genres et la santé des femmes et des filles en Afrique de l’Ouest », la Directrice exécutive de Speak Up Africa, Yacine Djibo, a soutenu que cette initiative « incarne l’engagement de l’organisation à amplifier les voix des femmes et des filles dans les espaces décisionnels. Leur leadership est essentiel pour façonner des politiques de santé inclusives et équitables. « Les femmes, au cœur de leurs communautés, doivent être intégrées dans les espaces décisionnels, car elles sont plus à même de parler des problématiques de terrain. », a signalé Amanda Savadogo, membre du CCM du Burkina Faso.

Dans un second panel sur les « Plateformes, partenaires et coalitions travaillant ensemble pour mettre fin aux violences basées sur le genre en Côte d’Ivoire et en Afrique », Ghislain Coulibaly, Président fondateur du Réseau des Hommes Engagés pour l’Égalité de Genre, également sociologue et Spécialiste Genre, a indiqué que « La masculinité positive est une alternative nouvelle pour une réduction efficace des violences basées sur le genre en Afrique. ». Représentant la France qui est membre Fondateur du Fonds Mondial, la Conseillère régionale en santé mondiale à l’Ambassade de France en C’ôte d’Ivoire a soutenu que « Le soutien aux femmes africaines est fondamental pour construire des communautés résilientes et promouvoir l’égalité de genre. Nous devons prendre conscience de nos réalités et nos responsabilités. ».

Rappelons que lors de la précédente Conférence de reconstitution des ressources en septembre 2022, la France a promis 1,596 milliard d’euros, soit une augmentation de 23 % par rapport à sa contribution précédente. Un soutien qui témoigne de l’engagement de la France à positionner la santé mondiale comme une priorité de la politique de développement française. En concluant la session d’échanges, Irad Gbazale, Voix EssentiELLES de la Côte d’Ivoire, activiste et Présidente de l’organisation Femmes en Action, basée à Agboville a déclaré : « Nous devons être prêtes et prêts à relever les défis et à inspirer le changement à travers l’Afrique. Les violences basées sur le genre sont un fléau pour nous toutes et tous. N’ayons pas peur de dire la vérité. La honte doit changer de camp. ».

Originaire du Bénin en Afrique de l’ouest, Alain TOSSOUNON est journaliste depuis plus d’une quinzaine d’années. Rédacteur en Chef puis Directeur de rédaction de l’hebdomadaire spécialisé dans la décentralisation et la gouvernance locale « Le Municipal », il a suivi et validé plusieurs certificats en gestion des ressources naturelles (Université Senghor d’Alexandrie) et en eau avant de passer grand reporter sur les thématiques de l’eau, l’hygiène et l’assainissement de base et l’environnement.
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